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Alexei Titarenko et Christien Jaspars présentent "St petersbourg / révélations tardives" et "Do"

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Alexei Titarenko

/ Alexei Titarenko et Christien Jaspars présentent "St petersbourg / révélations tardives" et "Do" / Paris - Camera Obscura - du 30 juin au 31 juillet 2010

ALEXEI TITARENKO

Alexey Titarenko est né à Léningrad en 1962. Dès l’âge de huit ans il s’intéresse à la photographie. Adolescent, passionné par Dostoïevski, il explore les arrières cours et les ruelles de la ville, à la  recherche de l’atmosphère de cette autre ville, cachée en filigrane dans l’histoire pré-soviétique : Saint Pétersbourg. A partir de 1992, avec la série "La ville des ombres", Alexey Titarenko a photographié Saint-Pétersbourg dans un dispositif qui tente d’en dire à la fois le présent et le passé, de révéler la trace d’une épaisseur de temps, historique et romanesque : laissant son appareil photo sur pied, Titarenko peuple les rues d’ombres indistinctes, grâce à de longues poses de plusieurs secondes.
Une atmosphère singulière baigne ces images, due en partie à l’étirement du temps dont le film garde la trace, mais aussi grâce aux tirages argentiques exceptionnels de Titarenko. 
© Alexei Titarenko 

Alexey Titarenko écrit à propos de ses photographies : "Leur thème essentiel, le déclic de leur création se trouve dans le passé et reste toujours identique: l’histoire de la Russie, du début à la fin du vingtième siècle, cette longue litanie de tragédies, aussi bien pendant les périodes de guerre et de révolutions qu’aux moments prétendument «paisibles». L’histoire de la Russie.... mais sous la forme de représentations photographiques contemporaines, prises en un même lieu, dans une même ville, St-Pétersbourg, au cours des vingt dernières années. La ville elle-même n’est pas le thème central, souvent elle apparaît à peine, il ne s’agit pas de sites prestigieux, mais d’émotions qui ont tissé, façonné profondément la perception du monde de ceux qui vivent ou ont vécu dans notre pays. Ces émotions, universelles, sont proches de celles que suscite en nous la musique de Chostakovitch, par exemple, ou les oeuvres de Soljenitsyne, et sont le sujet principal de mes travaux, transformant même les plus documentaires d’entre eux en éléments non d’un reportage, mais d’un roman. » 
© Alexei Titarenko 

L’exposition Camera Obscura propose au public l’opportunité de découvrir de nouvelles images de ce
photographe à la production rare.
Titarenko est le photographe d’une ville, Saint Petersbourg, dont les changements l’avaient quelque peu éloigné depuis la fin des années 90 : une nouvelle richesse avait envahi les rues, et avec elle une circulation automobile modifiant totalement l’atmosphère de la cité. Mais, depuis quelques années, il a repris son exploration photographique de Saint-Pétersbourg lorsque l’hiver la rend à son essence et la fige dans son histoire de cité des ombres. Titarenko a aussi exploré ses archives et en a extrait quelques "révélations tardives" et inédites qu’il nous livre aujourd’hui. 
© Alexei Titarenko 

CHRISTIEN JASPARS

Christien Jaspars a visité l’Afrique de l’ouest en 1982 pour la première fois. Ce fut une rencontre décisive à la suite de laquelle elle a décidé de passer une partie de sa vie au Mali.
Durant plus de dix ans elle a alors fait l’appentissage du Bogolanfini, art d’impression sur tissus à l’aide de plantes et de boue, auprès d’une vieille teinturière dépositaire de ce savoir.
C’est après des années de présence, lorsqu’elle était intégrée à la vie du village, imprégnée de sa culture, qu’elle a commencé à photographier. La plupart de ses images sont faites au sténopé, simple boite percée d’un trou d’épingle et équipée d’un film qui ne permet pas de bien contrôler l’image qui va naître..
Christien fait aussi de la photographie un moyen de communiquer, de tisser des liens, entraînant par exemple les enfants du village dans ses jeux photographiques. Créant avec eux, à l’aide de l’appareil très rudimentaire et primitif du sténopé, un théâtre d’ombres magiques.
Du deuil qui la frappe en 2001, Christien fait une raison de plus de créer, de photographier les lieux, les gens, et à travers eux l’esprit de celui qui n’est plus. Son approche de la photographie a quelque chose de la magie : ce n’est pas tout à fait notre monde qu’elle fixe dans ses images tendres et énigmatiques, mais aussi le temps, le passage vers l’inconnu. 
© Christien Jaspars 

En 2007 elle publie le livre "Do". “Do” est un hommage a l’être aimé disparu, Armando, dit Do. Le désir d’approcher les images que Do a dû cotôyer avant de mourir a fait retourner Christien Jaspars aux endroits qui leur étaient chers à tous deux : les Pays-Bas (pays de résidence de Do), le Suriname (son pays d’origine) et le Mali (possible pays de ses ancêtres). C’est pour cela que beaucoup d’images ont été faites a l’aide d’un sténopé ; le temps d’exposition est long : on essaie d’attraper le temps qui passe, temps qui sépare la vie de la mort ; les rendus sont peu maîtrisés : on ne fabrique pas les images, on les reçoit.
“Do” traite de la question comment continuer à vivre avec une personne devenue pensée. “Do” traite de l’insupportable fragilité de l’existence. 
© Christien Jaspars 

Christien Jaspars est née aux Pays-Bas en 1964 et partage sa vie depuis 25 ans entre les Pays-Bas et le Mali. En voyage en Afrique de l’Ouest, à dix-huit ans, elle apprend la technique traditionnelle malienne d’impression sur textile à base de boue (bogolanfini) pour monter après quelques années, avec sa professeure Aïsata Njentau, une petite entreprise : “Diabolo Express”. Elle est photographe autodidacte et a commencé la photographie dans l’atelier d’Aïsata. Au Mali, elle a réalisé des reportages ainsi que des travaux plus personnels et intimistes (’Do’, 2007). Un de ses reportages lui a valu un prix World Press Photo en 2001. Elle travaille régulièrement pour la société de production et d’édition musicales “World Circuit” et a photographié certains des plus grands musiciens africains et cubains. Ses photos ont été publiées dans des revues internationales et elle a exposé a plusieurs
reprises aux Pays-Bas et dans d’autres pays.

Galerie Camera Obscura
268, boulevard Raspail
75014 Paris
du mardi au samedi
de 13h à 19h
http://www.galeriecameraobscura.fr
 
photographie.com : 2010-06-30
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