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4ème édition du prix photographique PHPA
/ 4ème édition du prix photographique PHPA / Paris - du 2 au 19 septembre 2010

4ème édition du prix photographique PHPA
 

Depuis 2005, le label « Hôtels Paris Rive Gauche » a initié le projet artistique « Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur » visant à soutenir la création artistique et la photographie contemporaine.

Le concept du projet est simple : proposer chaque mois à un jeune photographe de passer une nuit dans un des Hôtels Paris Rive Gauche pour réaliser une photographie unique et un texte inspirés par ce séjour.

La photographie sélectionnée, le texte et une présentation de l’artiste sont ensuite exposés sur la galerie en ligne des Hôtels Paris Rive Gauche.

 

LES PARTICIPANTS AU PRIX 2010
 
© Guillaume Amat, Hôtel de Grands Hommes 

PAINTED VEIL de Guillaume Amat

J’entre avec elle, Hôtel des Grands Hommes.

Un silence assourdissant tapisse la chambre 52. Sur les murs une quinzaine de lions, le double de moutons et de bœufs biens portant se cherchent dans un paysage rouge sang.

Elle  explore, ouvre, allume, saute sur le lit…

On voit par la fenêtre la massive place du Panthéon dont les rues semblent avoir été creusées autour du monument.

J’éteins la veilleuse de la télévision et je dévisse les ampoules.

Elle se déshabille dans la pénombre, ses vêtements effleurent l’épaisse moquette.

Elle  s’allonge et je la peins.

 
© Dana Cojbuc, Hôtel de la Sorbonne 

SORBONNE 5 JUILLET de Dana Cojbuc

Nous étions deux dans la chambre 61, Hôtel de la Sorbonne.
Une expérience inhabituelle qui impose ses règles et en même temps me laisse une totale liberté. Nous ne sommes pas seuls. Tous les passages d’avant nous entourent. Je cherche à identifier ces autres !
Il se trouve que mon ventre est habité par quelqu’un que je n’ai jamais vu.
Je déclenche l’appareil au moment où les choses commencent à bouger et n’hésitent pas à s’enfuir du lit, ni comme des nuages, ni comme des boules de billard.
Ce n’est pas moi là-dedans, juste les traces des autres !

 
© Alain Greloud, Hôtel du Panthéon 

TANDIS QU’À L’EXTÉRIEUR de Alain Greloud

...attiré par la lumière blanche des rideaux diaphanes, je me dirige vers la fenêtre, prends un instantané, puis, comme en retrait, m’étends sur le lit. La tête vide, hors du temps, hors de la ville, je flotte dans le silence de la chambre. Mon regard errant dans une tentative d’appropriation du lieu revient vers les voilages ; dans l’opalescence de leur revers, la lumière froide, laiteuse et presque déjà déclinante, dessine de minuscules veinules. Elle s’assoit. Les motifs de sa robe conversent avec ceux du sol, les couleurs s’harmonisent... je lui demande alors de me présenter l’image du monument ; décalée, une fenêtre s’ouvre. Tandis qu’à l’extérieur le ciel du Panthéon ainsi figé et offert par ses mains se réinvente déjà, je prends cette photographie... 
© Catherine Merdy, Hôtel Design Sorbonne 

SANS TITRE de Catherine Merdy

Sous un ciel chargé de nuages, assise là, sur le toit de l’hôtel.
Immobile, à écouter les rumeurs de la ville.
La nuit murmure ses secrets.
Pourtant très vite, l’aurore me découvre sous des draps blancs.

Que s’est-il passé entre ces 2 temps de pause dans la chambre 61 ?
De ce qui est arrivé cette nuit-là, je ne dis mot.
De toutes les images prises, il n’en reste qu’une.
Et son histoire ne m’appartient plus.

Paris - Lundi 2 novembre 2009

 
© Arnaud Meyer, Hôtel jardin de l’Odéon 

LE COFFRE FORT de Arnaud Meyer

J’ai rendez-vous à l’hôtel Jardin de l’Odéon.
Je l’ai rencontrée et invitée suivant mon intuition.
Nathalie est amoureuse d’un autre, et fière,
Et moi je suis célibataire.

Les femmes sont des coffres-forts –
Je ne lui causerai aucun tort.
Je poserai une seule question :
L’amour a-t-il une combinaison ?

 
© Romain Osi, Hôtel des Grands Hommes 

MONTÉE EN DOUCEUR de Romain Osi

La nuit a déjà ralenti. Ce soir les Grands Hommes ont envie d’être dans la lune.
J’entre. Pose mon sac, regarde autour et tombe sur le lit. Dans cette chambre, je sens une invitation à exister un peu ici, un peu ailleurs.

J’ouvre la fenêtre, le silence face à moi, le voyage en face de moi. C’est ce que j’aime dans les hôtels, ils sont exactement ça. Un petit bout de chez nous sur un gros fond d’ailleurs.
Mes yeux vont et viennent, à l’intérieur, à l’extérieur, entremêlés ici.
Je me chuchote que je ne l’avais jamais vu comme ça, que c’est une invitation maintenant c’est sûr, et continue ainsi ma lente traversée. C’est habité et les rencontres se font fortes. Cet ailleurs là est fort.

Je remercie, ferme la fenêtre et retourne sur le lit. Ce décor m’a rempli, maintenant je suis chez moi ici.

 
© Lucie Pastureau, Hôtel Eiffel Park 

LES CHAMBRES de Lucie Pastureau

Enfant, la chambre trop petite, les habits, les livres et les jouets sur le sol, et la menace que tout ça passe par la fenêtre ; puis, les tas de vêtements sur le parquet, et ceux en boule dans les placards

La chambre de l’après-midi au retour du lycée, plusieurs mois de caresses avant d’accepter

Celle de la première fois, et l’ascension de l’échelle pour accéder au lit, son regard posé sur moi, derrière, la brûlure entre les cuisses, puis le pantalon qu’on renfile, serré, trop serré
Et plus tard, d’autres nuits, le bruit de ses parents qui font l’amour, alors que je n’ai plus de désir

Une couchette dans un cagibi au ski, la sensation d’avoir été forcée, les larmes aux yeux

Celle du bord de mer, l’amour tout bas, étouffé, pour ne pas être entendus

A l’hôtel, un moment tant attendu. Et l’amour impossible, le corps qui s’y refuse, malade

Celle du deuxième amour, presque adultère, le lit posé au sol, une de ses chemises sur ma peau nue, le bruit de la rue en bas, à travers les volets en bois

Chez une amie absente, deux fois de suite l’amour, je pleure la première fois et lui  la deuxième

Toutes celles partagées, avec la fièvre du désir d’être enfin seuls à deux, les mains qui démangent

Celle dans laquelle je reviens, après l’accident, défigurée, l’amour dans un acte désespéré pour effacer les marques de mon visage, la tête tournée

Et, la chambre que l’on ne veut plus quitter, pour rester encore, dans le retrait du monde

 
© Stéphanie Rolland, Hôtel Ferrandi 

PARIS, CHAMBRE 23, 9H00 de Stéphanie Roland

A trente trois ans,
il fallait bien que je trouve une excuse pour sauter sur le lit.

 
© Cédric Roulliat, Hôtel du Panthéon 

HÔTEL DU PANTHÉON, PARIS, 1931 de Cédric Roulliat

« Pardonnez-moi mais j’attends la visite d’un ami, l’auriez-vous vu passer dans le hall ? Je n’ai pas pu lui communiquer le numéro de ma chambre, et comme je ne suis pas ici sous mon vrai nom, j’ai peur qu’il ne me trouve pas. Vous le reconnaîtrez aisément, c’est un grand roux d’une vingtaine d’années, et très bien de sa personne… (…) Ah non, vous confondez, lui c’est mon médecin, il est juste venu me délivrer une prescription d’urgence... (…) Oui, les nerfs... Si vous saviez à quel point la petite m’accapare, je n’ai plus une minute à moi, et pourtant je ne peux pas me résoudre à abandonner ces tendres visiteurs du soir qui comptent tellement pour moi… et sur moi. Alors soyez gentil mon petit, et  guettez ce jeune rouquin. Tenez, je vous donne mon vrai prénom : Gladys. (…) Le nom de famille ? Vous n’en n’avez pas besoin. Il ne le connait pas lui-même. »

 
© Jean-François Spricigo, Hôtel Ferrandi 

SANS TITRE de Jean-François Spricigo

Un instant pour se trouver et se perdre enfin,
L’espace d’un songe, la nuit déjà si loin,
Silencieux et le cœur en larmes,
Je ne serais jamais quelqu’un d’autre. Jamais. 
© Ambroise Tezenas, Hôtel Jardin de l’Odéon 

SANS TITRE de Ambroise Tezenas

"Je salue le réceptionniste et une américaine qui sort de l’ascenseur. Avec mes sacs, elle me prend pour un touriste fraichement arrivé, elle qui connaît maintenant la ville.

Chambre 65, 6ème étage. Je crois que mon premier geste en arrivant dans une chambre d’ hotel a toujours été de regarder par la fenêtre. Je vois les toits, un homme en peignoir qui éteint une lumière.

Je photographie la vue, le théâtre de l’Odéon. La nuit tombe, je tire les rideaux et m’allonge. Je somnole un moment, me relève, et photographie mon lit d’une nuit.

Je ne pensais pas pouvoir vivre la solitude heureuse du voyageur dans ma propre ville."

 
© Jason Whittaker, Hôtel de la Sorbonne 

6 MOIS de Jason Whittaker

Avec cette photo je voulais suggérer le passage des nombreux clients de cette chambre sur une période de plusieurs jours, plusieurs mois.

Et si tout une partie de ces gens était visible en même temps ?
Est-ce qu’ils seraient ennuyés, excités, à repos, à l’attaque ?

L’homme en photo est moi, moi, moi, moi-même, moi et votre humble serviteur.

Assistance à la manipulation digitale : altstudio.be

La bande-son pour cette photo était "So Fine (Classic Frankie mix)" interprété par Kinane.

 

LA REMISE DU PRIX

Un vernissage privé et la remise du prix auront lieu le 1er septembre 2010 pour la troisième année consécutive dans le cadre prestigieux du Théâtre de l’Odéon, Place de l’Odéon à Paris (6e) dans les studios Gémier et Serreau. Un vernissage public aura lieu le 2 septembre.

L’exposition se tiendra du 2 septembre au 19 septembre 2010 et présentera la photographie des 12 photographes de l’année concourant pour le prix ainsi que les oeuvres d’un photographe travaillant sur une carte blanche. L’exposition sera visible dans le cadre des Journées du patrimoine le 18 et 19 septembre 2010.

 
photographie.com : 2010-09-01
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